Benjamin Hoffmann

Critiques

Interview de l’auteur sur le site Lechoixdeslibraires.com, 13/09/2011:

1) Qui êtes-vous ?
Je suis écrivain et doctorant en littérature à l’Université de Yale. J'essaye de concilier ces deux activités, à la fois complémentaires et distinctes. Le monde est beau on peut y voyager est mon premier roman.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Avant tout le voyage qui procure tant de bonheur à celui qui parcourt le monde en se heurtant aux êtres et aux choses dont il ne soupçonnait pas l'existence. On voyage beaucoup dans ce roman : d'Honolulu à Prague, de la Nouvelle-Orléans à Sydney en passant par New York, Cap Town et le sud-est de la Chine. Mais Giacomo Casanova est un autre thème important puisque le personnage principal s'efforce de prolonger son existence en l'adaptant au monde contemporain.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Je me sens une grande force d'amour pour tout ce qui existe».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Ce serait «Heart in a cage» du groupe The Strokes. Une musique qui exprime la rage de vivre et le besoin de briser les limites imposées aux individus. Je l'ai beaucoup écoutée au moment de la rédaction et le lecteur en retrouvera peut-être les accents dans le texte. Je crois beaucoup à l'influence du rythme musical sur celui du style et à vrai dire, j'aimerais pouvoir écrire un roman qui n'ait pas plus de sens qu'une chanson dont l'on ne comprend pas les paroles parce qu'elles sont dans une langue inconnue, mais qui ne laisse pas de communiquer l'émotion qui habite son interprète.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je crois que ce serait un mouvement de curiosité. Un mouvement généreux vers ce que l'on ignore, ce que l'on n'a pas encore vu, ou senti. Une curiosité qui pousse l'individu à s'arracher au monde qui lui est familier pour s'efforcer de découvrir, accomplir et connaître davantage avant de mourir. Et peut-être de la sympathie pour Casanova également!

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Article de l'Agence régionale pour l'écrit et le livre en Aquitaine (ARPEL), 01/07/2008:

«Pour son premier roman, Benjamin Hoffmann, auteur du Monde est beau on peut y voyager, fait preuve d'une maîtrise de l'intrigue et du style incontestable. C'est sa forme qui au premier abord est frappante : le récit se présente comme une compilation de documents (rapports d'interrogatoires, articles de presse, pages de journal intime...). Il relate trois ans d'enquête autour de la fuite d'un professeur de lettres de l'université de Bordeaux, accusé de meurtre par la police française. Spécialiste reconnu de l'œuvre de Casanova, il va échapper aux polices du monde entier en revivant les aventures du célèbre séducteur, en revisitant les lieux qu'il a parcourus et, en multipliant, lui aussi, les conquêtes amoureuses. À la fois surprenant, attachant et fortement référencé, Le Monde est beau on peut y voyager est l'une des belles surprises de l'été littéraire aquitain». A.P.


Article de Samantha Rivals paru sur le site des Éditions Bastingage, 08/07/2008:

Lire Le monde est beau on peut y voyager ?
Le monde est beau on peut y voyager est le premier roman de Benjamin Hoffmann. Soucieux d’allier la recherche de formes narratives nouvelles au piquant d’une histoire aux rebondissements multiples, ce roman propose à son lecteur un voyage captivant aux côtés d’un héros charismatique.

Le monde est beau on peut y voyager (Diffusion et distribution dans toutes les librairies de France et de francophonie, tous les réseaux de points de vente et sur le site des Éditions Bastingage,www.editionsbastingage.com) est publié aux Éditions Bastingage à Bordeaux. Âgé de 22 ans, son auteur, Benjamin Hoffmann est étudiant en Lettres et en Philosophie à l’École Normale Supérieure et à la Sorbonne.

Avez-vous jamais rêvé pour vous le don d’ubiquité ? Tout voir, tout sentir, tout vivre ; être ailleurs, être partout sur terre sans même savoir comment, quel itinéraire. Vous répondez : « Mais enfin, je lis ! et c’est comme si je voyageais… ».

Je vous crois.

Que diriez-vous alors d’un livre où le voyage serait à la fois celui de votre pensée et celui, bien réel, d’un personnage vous entraînant dans sa quête d’identité ?

X., c’est son nom, est décidé à rompre avec sa vie confortable de spécialiste de Casanova à l’université de Bordeaux, identité dans laquelle il s’est fourvoyé jusqu’alors. Il se demande si, oui ou non, la vie ne vaut pas mieux que les livres et s’il ne devrait pas abandonner la lecture de l’Histoire de ma vie pour écrire la sienne. Le voici donc parti, bien résolu à renouveler les exploits du fameux libertin. Sa quête le mène à New York, la Nouvelle Orléans, La Paz, Vienne, partout, où il montre la même volonté farouche de se découvrir autre, nouveau. Son périple lui donne l’occasion de rencontrer plusieurs femmes avec lesquelles il vit des passions aussi intenses que celles de Casanova, passions qu’il raconte au creux des lignes, dans les plis de pages parfois sulfureuses.

Mais les autorités s’en mêlent et accusent X. d’avoir commis un meurtre dont la nature ne se dévoile que progressivement. Poursuivi par les forces de l’ordre, le professeur devenu fugitif s’amuse à les provoquer en semant sur son chemin des indices et des témoins. C’est alors que le roman de la quête d’identité se complexifie. Car la course-poursuite de X. en fuite devant la police s’impose comme matérialisation de l’échappée symbolique de notre héros vis-à-vis de l’institution et de son statut passé qu’il désavoue. Le roman évite donc l’écueil de la narration autocentrée et psychologique grâce à cette superposition où l’intrigue policière se traduit en pages d’action palpitantes.

La forme choisie par l’auteur permet encore d’échapper à la logorrhée psychologique du héros. Son portrait est habilement élaboré au fil des pages par le montage kaléidoscopique de fragments divers. Le livre se compose en effet d’articles de journaux, d’interrogatoires de police, d’extraits de correspondances et du journal de bord de X. Au fur et à mesure, c’est bien son portrait qui apparaît, mais brossé, pour ainsi dire, de l’extérieur et conservant intact le mystère qui l’entoure. Séducteur tenté par la sédentarisation entre les bras d’une belle femme, évadé superbe des normes et des geôles où l’on tente sans cesse de le renfermer pour que l’ordre règne, X. adopte les mœurs de Casanova dans une ébauche (ou débauche…) de vie éblouissante.

Mais au-delà du séducteur avide d’horizons neufs, c’est le livre, par son écriture souple et caressante comme la main d’un homme amoureux, qui exerce sur nous son pouvoir de séduction : écriture précise et raffinée lorsqu’il s’agit du journal de bord de X., écriture rude lorsque l’auteur nous fait entendre la parlure d’un mafieux sud-américain ivre de colère ou celle d’une femme blessée dans son amour propre que notre séducteur a abandonnée. À le lire, nous sommes pris par le désir de partir à la rencontre d’un monde si beau qu’on voudrait y voyager, n’était peut-être le livre lui-même qui nous retient « à la maison ».

Samantha Rivals

Article de Jean-Michel Selva dans Sud-Ouest

Article de Sébastien Gendron sur le site d’Écla (Portail aquitain des professionnels de l’écrit, de l’image et de la musique) 28/10/2011:

«Fraîchement débarqué à New York où il vient d’intégrer un département à l’ONU, un jeune Français tombe éperdument amoureux d’une femme, entraperçue dans le dédale des rues de Manhattan. Lorsqu’ils se rencontrent enfin, leur histoire est aussi courte qu’intense. Qui est cette Anya Ivanovna et que sait-il d’elle ? Pas grand-chose à vrai dire mais dans ce que le héros va découvrir, il y a peut-être la clé d’une énigme : y a-t-il un lien entre Anya et la disparition de 25 millions de dollars pour l’ONU dont il avait la responsabilité ?

Anya Ivanovna est un roman avant tout new-yorkais. C’est une promenade à travers la ville à laquelle nous convie Benjamin Hoffmann, une visite savante des grands classiques de la Grosse Pomme, de Broadway à Central Park, de la Première Avenue à Washington Square. Puis, l’histoire tourne à la romance, avec l’apparition de cette jeune femme russe, évasive et mystérieuse, que le héros poursuit le cœur battant. C’est là que l’auteur impose une rupture dramatique qui fait basculer le récit. Là où l’on suivait un jeune homme éperdu apparaît un scénario macabre et manipulateur dans lequel tout est aspiré.

Dans ce roman étrange, on sent se mêler de grandes influences cinématographiques. Et parmi les films auxquels inévitablement on songe, il y en a un qui saute aux yeux : Vertigo d’Hitchcock pour la poursuite infernale derrière une femme mystère qui toujours nous échappe. Un second roman efficace autant que carré pour Benjamin Hoffmann».

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© B. Hoffmann 2017